Une page web personnelle ? Tellement rétro !

C’est vrai.

À l’heure du réseau social, des plateforme plug’n’blog, et de la chasse au CV sur Monster, pourquoi investir son précieux temps dans une entreprise futile et laborieuse ?

Quand il s’agit d’avoir une petite présence en ligne, le problème a été solutionné 89837 fois dans la dernière décennie : réseaux sociaux par dizaine, CMS par milliers !

Pourtant, les pages web personnelles sont encore là. Notre tradition artisanale subsiste.

Réinventer la roue

La raison de la page personnelle est…hé bien ! Personnelle.

On croise des développeurs, designer ou artistes qui veulent simplement une vitrine pour leur travail.

J’ai rencontré des développeurs qui désirent participer à la vie de différentes initiatives communautaires en rendant publiques leurs idées et leurs solutions techniques.

Certains sont là pour apprendre, étudier. Un blogger sur hackernews expliquait que ses articles lui donnent un support de réflexion. En écrivant pour expliquer à ses lecteurs, les pensées s’organisent, la maîtrise des sujets se précise. En bonus, s’entrainer à correctement communiquer ses idées techniques par écrit améliore la communication orale. Une compétence indispensable au métier de développeur.

La page personnelle est aussi un moyen de fuir les réseaux sociaux pour des raisons de santé ou d’idéologie tout en conservant une présence en ligne.

Pour la plupart, ces raisons s’entrecroisent. Elles poussent les auteurs à entretenir leur page, à la faire vivre.

Pourtant, il me semble, il existe une autre motivation, commune entre les auteurs. La source de l’impulsion initiale. Cette idée m’a été inspirée par un article de Tobias Van Schneider.

Notre site [est] un petit bout d’internet que nous [contrôlons]
A love letter to personnal website (Tobias Van Schneider, 17 Septembre 2019)

Un Web épuisant

Le web est devenu simplement frustrant.

L’utilisateur subit du contenu médiocre, présenté par des pages au TTI désolant.

99% de l’énergie de notre industrie est investie dans des tentatives grossières de manipulation ou de conversion. Le lecteur est soumis à une vague d’attaques psychologiques, catapultées à travers l’écran par des bataillons de pop-up et de notifications.

Naviguer sur le web est épuisant.

Il faut relacher cette tension.

Un Solution

Ce qui nous pousse à travailler sur notre page personnelle, c’est de voir un bout de web qui nous plait vraiment.

Nous voulons admirer quelque chose de différent et oublier cette impression d’être une proie.

Nous nous rappelons du web pour ce qu’il était en 1991. Du partage de contenu. Simple. Efficace. Instantané.

Nous nous rappelons aussi que notre industrie est soumise à des contraintes économiques irréductible. Et celles-ci empêchent nos œuvres d’aspirer à la perfection dont nous rêvons.

Mais notre page, elle, en est libérée.

Alors nous travaillons.

Quand l’industrie dors, nous passons des heures à régler minutieusement tous les détails de notre style typographique. Nous nous brûlons les yeux sur une myriade de chartes chromatiques. Nous nous épuisons à réfléchir à la meilleure organisation pour notre contenu. Nous empruntons fébrilement le téléphone de tous nos proches pour vérifier la pertinence du design sur toutes les résolutions d’écran.

Jamais pleinement satisfait, nous nous remettons en question encore et encore, avançant par petits pas sur les traces de nos maîtres.

Nous visons humblement notre chef-d’oeuvre.

Voilà notre moteur.

Voilà pourquoi je vous présente mon petit bout de web.